Moi, Mélanie, anorexique et boulimique...

Pourquoi écrire un tel article ? Pourquoi un coach se livrerait il sur sa vie, ses démons... Et bien je crois que si moi même j'avais pu rencontrer quelqu'un qui avait vécu le même calvaire que moi à une certaine époque, j'aurais peut-être pu avancer un peu plus vite et surtout je me serais sentie moins seule... Non vous n'êtes pas seule...

Beaucoup de femmes (et d'hommes même si moins) ont des troubles du comportement alimentaire (TCA). Il existe plusieurs types de troubles. L'anorexie très médiatisée et dont on parle énormément depuis quelques années, la boulimie un peu moins évoquée car le fait de parler de personnes se faisant vomir n'est pas très télévisuelle, l'hyperphagie qui consiste à manger jusqu'à plus pouvoir et sans arrêt. Certains troubles plus incidieux peuvent faire partis de la liste, comme le fait de se surveiller tout le temps, se peser plusieurs fois par jour, faire trop de sport pour brûler des calories.

J'ai été confronté à tous cela il y a quelques années... Tout a commencé après un mc do (je m'en souviens comme si c'était hier) je venais de terminer un régime et j'avais perdu 12 kilos, c'était peu après la mort de mon père. J'ai toujours été très gourmande et ce régime a été très douloureux pour moi mais j'étais plus ce que satisfaite du résultat. Ce fameux soir j'avais vraiment abusé avec 3 sandwichs, frites et coca... Résultat un mal d'estomac carabiné. Je tournais dans le canapé et je me suis dit que je pourrais me soulager en allant essayer de vomir. Je suis allée aux toilettes, j'ai mis mes doigts dans ma gorge et j'ai ressenti pour la première fois cette sensation qui n'allait plus me quitter pendant des années, une sensation de soulagement et de douleur en même temps...

J'ai trouvé le procédé interréssant puisque je pouvais manger ce que je voulais quand je voulais sans prendre de poids. Je ne savais pas ce qu'était la boulimie à l'époque personne n'en parlait. J'ai réussi à vivre comme ça en me faisant vomir 2 ou 3 fois par semaine au début. Puis une année je me suis retrouvée à la maison pour élever ma première fille. L'ennui, le mal être que je traînais depuis des années m'ont amenés petit à petit à vomir de plus en plus jusqu'à en arriver à ne plus faire que ça. J'ai vomit jusqu'à 18 fois par jour... Je faisais des courses au jour le jour pour mes crises. Mon mari savait et était totalement impuissant...  Je pensais que ça n'était pas grave, je ne savais pas que j'allais le payer très cher... En 2000 j'ai été hospitalisée pour de violentes douleurs à la vésicule billiaire, j'ai dû subir une intervention pour la retirer, le fait de vomir régulièrement l'avait endommagée... Même à l'hopital je vomissais mes repas, avec les fils de la cicatrisation...

En sortant j'ai peu à peu perdu l'appetit, mon couple n'était pas heureux et je me sentais de plus en plus mal. Je suis entrée dans le calvaire de l'anorexie (très rare car habituellement on passe de l'anorexie à la boulimie, rarement le contraire). Je ne mangeais presque plus, coca light à volonté... J'ai retrouvé un emploi mais cela n'a pas arrangé les choses. J'étais vendeuse et je tenais le coup malgré l'anémie.

Je suis déscendue jusqu'à 49 kg (je mesure 1m75) alors que mon poids de base était de 66 kgs... Mes proches savaient mais je brandissait ma maigreur comme un blason. Fière de lutter contre les calories, fière de ne pas flancher... L'alcool et le tabac était également de la partie. Je pense que je suis passée à côté du pire. Je sais aujourd'hui que je ne voulias pas mourir, quelque chose me bouffait de l'intérieur et me détruire était une façon de rester en vie...

J'ai refusée toutes les aides que l'on m'a proposé. A noël 2002 ma mère a souhaité m'offrir une robe pour le réveillon, la vue de mon corp squeletique dans le miroir l'a fait partir en sanglots, des sanglots longs et qui m'ont touchée profondémment. Je savais que si je continuais j'allais y rester... La vie a décidé pour moi, l'année suivante mon mari m'a quitté (comment l'en blâmer...), je me suis donc retrouvée seule, plus personne... Plus de spectateurs à ma détresse, c'était vivre ou mourir...

J'ai consulté une thérapeute qui a mis rapidement un nom sur mon calvaire. Elle a aussi insisté sur le fait que cette maladie n'était qu'un symptome d'un mal bien plus profond... A commencé ce jour là le début de ma rédemption...

Oui j'ai eu le nez dans mon vomit pendant des années, oui je me suis pesée 10 fois par jour pendant des années, oui j'ai longtemps pensé que je serais plus aimée si j'étais plus mince, oui j'ai dégueulé ma vie dans toutes les chiottes à porté de ma bouche... Oui on peut s'en SORTIR. C'est long, ça laisse des séquelles (dents abîmés, estomac fragile, désordres intestinaux...) et ça nous laisse un rapport un peu ambigü avec la nourriture. Mais on arrive à vivre avec tout ça. Il faut absolument se faire aider, Des techniques existent pour réduire les crises, les espacer en attendant de comprendre pourquoi elles sont arrivées afin de les faire disparaître totalement...

L'important est de ne plus mettre sa santé en danger, vous n'êtes pas seule...

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