LA RUPTURE

GUERIR ET GRANDIR

25 février 2007. Dans ma cuisine, un café et une cigarette à la main je me remémore les évènements de la veille... Encore embuée des vapeurs d'alcool je me souviens de la musique, des danses, des potes... Puis la dispute, les mots violents, les cris, les pleurs... Puis le sommeil enfin. Je suis dépendante affective et lui trop macho, autant dire que nous n'aurions jamais dû nous aimer, mais pourtant...

Il dort encore la-haut, moi je tourne en rond, encore sur le pied de guerre, prête à rouvrir les hostilités... Je ne sais pas pourquoi j'ai ce besoin de retourner là ou cela fait mal... En tout cas à ce moment là je n'en ai pas conscience...

Je monte et le réveille, il met du temps lui aussi à se souvenir de ce qui s'est passé la veille. Je rattaque aussitôt, il s'emporte, se lève essaie de me parler mais je suis dans mon trip je n'entend rien.

En quelques minutes tout bascule, il prend un sac, fourre rapidement des affaires dedans et se dirige vers la porte. Je ne comprend pas du tout ce qui est en train de se jouer là devant mes yeux. Je le supplie, lui dit que je peux changer que je l'aime... Je me met à ses pied et pleure, hurle... Il referme la porte et j'entend la voiture s'éloigner...

 Je reste là, seule dans cette entrée, avec un silence assourdissant... Il est partit, 2 ans d'amour s'en sont aller... Je m'écroule par terre durant plusieurs heures prostrée dans ma peine. Puis je l'appelle, 1 fois, 2 fois... Plein de fois... Il ne répond pas. Puis il m'envoie un sms me disant qu'il est partit vivre chez sa mère et que c'est mieux comme ça même s'il m'aime très fort il est évident que le quotidien ensemble devient insupportable. Je sais au fond de moi qu'il a raison mais je ne veux pas l'admettre... Je ressens un grand vide, comme si le sol d'écroulait sous mes pieds, j'ai encore espoir qu'il revienne... A 17h je dois partir chercher ma fille chez son père, il faudra lui dire pourquoi M n'est pas là, je fais la route aveuglée par mes larmes, j'ai la sensation d'être morte, que mon coeur a été arraché.

Ma fille pleure lorsque je lui explique la situation, elle a 9 ans et M est très présent pour elle... Je m'efforce de retenir mes larmes devant elle. C'est la veille des vacances, nous devions passer une semaine tous les 3 et je vais devoir assurer toute seule... Dans 3 jours c'est mon anniversaire...

Les jours suivants passent, s'écoulent, entre larmes et létargie. Ma fille me met une bougie sur un savane pour mon anniversaire... Je suis tellement touchée...

J'essaie de le joindre sans cesse, parfois il me répond, parfois m'ignore. Je suis rongée par la jalousie, que fait il, avec qui ? Parrallèlement à cela je commence sans m'en rendre compte un grand tri dans mon appart, ménage, rangement, je jette, je nettoie à la brosse à dent. Un besoin impérieux de décaper... Comme pour me purifier, purifier mon air. Je me sens sale, mal, moche, minable. Je me dis que si j'avais été à la hauteur il serait toujours là...

Puis il est temps de reprendre le travail. Je fais les choses mécaniquement et pars pleurer parfois seule où on ne peut pas me voir. Je pense souvent à mettre fin à mes jours... Mais j'ai cette étincelle de vie en moi et qui me pousse en avant. Mais je l'aime, toujours autant, plus même. Je comprend petit à petit ce qui nous a mené là... Mon vecu, ma dépendance surtout, incapable de vivre sans sa présence, de prendre du plaisir dans la vie, sans lui... Cette sensation que chaque fois qu'il fait quelque chose sans moi il m'abandonne. Je l'ai étouffé, traqué... Je l'ai aimé, mais mal...

A cette époque je met totalement de côté ses défauts à lui, je ne vois plus que les miens, je pense que tout est de ma faute, je prend toute la responsabilité de cette rupture. Je travaille chaque jour sur moi pour apprendre à devenir cette femme qu'il désir tant. J'apprend qu'il fait beaucoup la fête, voit des amis qu'il ne voyait plus depuis longtemps, des amis qui ne m'appréciait pas.. Puis le coup de massue, un jour une jeune femme entre dans mon magasin, elle semble être au téléphone, elle se met à côté de moi et entame sa conversation, elle dit qu'elle a passé une superbe nuit avec M et donne à son interlocutrice des détails croustillants qui me donnent la nausée... Je ne suis pas sur qu'elle parle de mon M, comment est ce possible ? Une telle coïncidence... Je sors immédiatement et j'appelle M pour lui poser cette simple question : Tu as une copine ?

Il me dit en balbutiant que oui il est avec quelqu'un depuis quelques jours... Je lui dit qu'elle vient de passer avec fracas sur mon lieu de travail... Il m'assure que ce n'est qu'une coïncidence que cette fille est ultra timide et ne ferait jamais une telle chose exprès...

Je ne peux pas concevoir qu'il soit avec quelqu'un d'autre... Oui moi aussi j'ai des aventures avec des hommes que je croisent sur le net mais j'ai l'impression que lui réussit bien mieux que moi à passer à autre chose... Je ne le sais pas mais toutes ces douleurs sont des traitements intensifs contre ma dépendance affective... Petit à petit je comprend que pour bien aimer il faut laisser l'autre libre, que la peur d'être quittée n'évite pas le risque de l'être. Que je dois apprendre à me suffire à moi même... Je me force donc à partir en vacances avec ma fille, et j'apprend à prendre du plaisir sans hommes dans ma vie. Je respire, j'arrête de fumer, d'abuser des fêtes... Je bois du thé vert et lis des ouvrages sur le boudisme. Je me rend compte en fait que cette rupture au lieu d'être un calvaire, est une libération, une seconde chance. Une Leçon de Vie.... Aimes toi toi-même et les autres t'aimeront.

En décembre 2007 je l'appelle un soir, il pleure au téléphone, il a un petit appart pas loin de chez moi... Je pleure aussi, il me dit que c'est dur de passer à autre chose, qu'il pense sans cesse à moi, qu'il n'a rien oublier... Nous raccrochons anéantis... Je réfléchis, je suis heureuse qu'il ressente ces choses là et en même temps je sens que la donne a changé, à trop attendre, à trop souffrir, parfois l'amour prend le large... Et la dépendance à laissé place à autre chose que je ne sais pas encore appréhender...

Je me met à avoir peur, peur de ne plus rien ressentir pour lui, comme si je ne pouvais le chérir que si il est loin de moi...

Puis je je finis par lui envoyer un sms lui disant de venir passer quelques jours chez moi pour voir... A ma grande surprise il accepte. Le 6 décembre il arrive chez moi avec un sac de sport... Il a attendu 1 an avant de rendre son appart. Les disputes ont continuées mais moins violentes et surtout plus du tout pour les mêmes raisons, nous resterons des amoureux passionnés.

Je sais au fond que j'ai bien fait de m'accrocher et d'y croire et je le remercie aussi d'avoir eu le cran de partir ce jour-là... Sans cela je crois que nous nous serions détruits.

Aujourd'hui 6 ans ont passés. 2 enfants sont nés. L'amour fou est toujours au rendez vous. Mais c'est comme si les rôles s'étaient inversés, je n'ai cessé d'évoluer au fil du temps, j'ai affiné mon tempérament, j'ai guérit de mes blessures d'enfance. Je ne suis pas devenue parfaite certes, mais je crois être devenue une bonne compagne, aimante et compréhensive.

Aujourd'hui c'est moi qui lui demande de faire un travail sur lui... J'ai cette sensation de l'avoir bien mérité... Quelle plus belle preuve d'amour que d'accepter de regarder ces travers et d'y faire face avec honnêteté ? Je n'ai plus peur maintenant, s'il devait me quitter je resterais sereine, je sais que le bonheur est en moi... Alors je peux l'emmener partout...

 

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